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Les 40 finalistes
Estée Lauder Companies Pink Ribbon Photo Award 2023

12 edition

IИ.VISIBLES


Retrouvez les 40 photographies finalistes et leurs histoires, sélectionnées par le Jury pour la douzième édition du Estée Lauder Companies Pink Ribbon Photo Award.

Nous tenons à exprimer notre sincère reconnaissance à toutes celles et tous ceux qui ont participé avec leur talent et leur cœur, qu'ils soient finalistes ou non !
Nos remerciements vont également à nos partenaires et aux membres du Jury qui ont accompagné cette édition 2023 avec une grande générosité.


Les votes pour le Prix du Public Téva sont ouverts du 2 au 16 octobre 2023 sur le site dédié mis en place par notre partenaire Téva !

Durant cette période 1 vote par jour et par personne ! Toute fraude entraînera la disqualification de la photo concernée.



LE SITE TÉVA x ESTÉE LAUDER COMPANIES PINK RIBBON PHOTO AWARD


teva prix public


Les 23, 24 et 25 octobre , notre partenaire Polka magazine dévoilera sur son compte Instagram la sélection de 15 photos, choisies par sa rédaction parmi les finalistes 2023 !


Instagram Polka magazine

 


Laëtitia LAVALLETTE [16]

Laëtitia LAVALLETTE [16]

C'est au cours de sa 42e année qu'Alexandra prit connaissance du cancer du sein qui l'habitait. Beaucoup d'interrogations, de doutes, de craintes s’installèrent en elle. C'est alors qu'une lutte se mit en place, pour les chasser une à une. À force de se battre, de se débattre, elle réussit à en venir à bout.
Aujourd'hui c'est cette cicatrice, dernier témoin de sa victoire, qui est fièrement dévoilée sur la photo. Son combat est représenté par l’épais pull rose qu'elle retire avec force.
Alexandra a deux sœurs. Je suis l’une d’elles. Et c'est grâce à la bataille qu’elle a menée, qu'aujourd'hui déjà, à 30 ans, je me rappelle que le dépistage est important.
Romain BERGLEZ [60]

Romain BERGLEZ [60]

Peut-être a-t-elle eu peur de perdre à jamais la jeunesse insolente. Peut-être que dans sa vie d'avant elle n'aurait jamais osé se livrer aux photographes, à des yeux inconnus, pour figer ce qui devait la fuir, être soi, s'affranchir.
Moi, l'ancien collègue devenu ami, j'attendais, je savais qu'il faudrait le temps.
Et puis elle est venue. Prête à faire ce cadeau de l'intime. J'ai dit oui bien sûr. Ou plutôt je n'ai rien dit. Je l'ai laissée jouer avec la lumière de ce soir d'un été déjà chaud. Là, dans ce jardin où les siens viennent manger le dimanche, où ses enfants courent et jouent, où elle aime voir le linge au vent. Là où on célèbre.
Et je l'ai vue. Comme nous l'avons tous vue. L'homme, les enfants, la famille, les amis.
Je n'ai rien retouché et l'ai laissée choisir. Regardez-la. C'est elle.
Fabrice FIORUCCI [06]

Fabrice FIORUCCI [06]

Un cri d'espoir

« Octobre 2019, un verdict impitoyable a frappé ma vie : cancer du sein. Un diagnostic qui aurait pu être dévastateur si cette maladie invisible n’avait pas été détectée suffisamment tôt. Les mois qui ont suivi ont été une lutte pour la vie qui a remis beaucoup de choses en perspective dans mon existence.
Cette épreuve m'a inspirée à briser le silence et rendre mon histoire visible et lisible, car je crois que la prévention est notre bouclier le plus puissant contre ce fléau caché derrière la peur et la honte. Mon message est clair : mesdames, ne négligez jamais le dépistage ! »

Texte et photo composés à deux mains avec Sylvie, le modèle de cette photo qui m'a demandé de réaliser une image forte à l'instar de son épreuve. Photo réalisée dans mon salon avec un fond noir, une simple stripbox et un réflecteur. La terre glaise pour la maladie que l’on veut extraire.
Alexandra DINCA [42]

Alexandra DINCA [42]

Ce jour-là, Émilie se sentait invisible, mais elle ne l'était pas. Nous étions en train de vider le studio du centre-ville de Saint-Étienne qu'elle occupait avant que les médecins ne lui confirment qu'elle avait un cancer du sein triple négatif. Parmi les valises et les cartons, elle a accidentellement brisé un vase, elle a souri. Je lui ai dit que nous nous souviendrions de ce moment dans quelques années et elle a regardé l’objectif avec confiance.
Les gens s'arrêtaient devant la vitrine du studio et lui disaient que tout irait bien, ils lui racontaient qu'ils avaient aussi un membre de leur famille qui avait souffert du cancer, et elle les écoutait avec empathie.
Avant de devenir photographe, Émilie était aide-soignante. Les soins qu’elle prodiguait lui permettait d’effacer les souffrances, puis à travers la photographie elle a rendu visibles les histoires des gens. Aujourd’hui, elle apprend comment mieux aider d'autres femmes qui traversent la même épreuve.
Audrey GOBERT [57]

Audrey GOBERT [57]

Chemins croisés… des fragments d’Elle(s)

Une femme, un reflet, une ombre… Triptyque parallèle illustrant la lumière tirée de l’ombre.
Tout part d’une intuition artistique mûrie et assumée venant soulever un élan d’une vie murée dans la maladie.

Audrey, photographe, l’ombre au-dessus du miroir ouvre son art à Anne-Claire, atteinte d’un cancer du sein droit et d’une sclérose en plaques, la femme aux croix.
Le reflet souriant est le miroir de celle qui se découvre autrement, plus forte encore dans le regard de l’artiste, bienveillante et pétillante, s’ouvrant à elle pour éviter l’enfermement dans le combat.
Cliché de « trois âmes » dans la nébuleuse confuse que la maladie provoque, et transforme alors ici en un partage de vies rieur et complice.
Céline HAMEL [88]

Céline HAMEL [88]

Avec Sabrina, nous nous étions déjà rencontrées, séance grossesse puis séance avec sa petite Mia tout juste née. Sabrina avait bien prévu de me contacter dans les mois à venir, mais le projet était bien diffèrent, le projet d'un deuxième bébé, d'une nouvelle vie à ajouter à leur famille dont il a fallu provisoirement faire le deuil puisqu'au détour d'une autopalpation, la vie en a décidé autrement. C'est un autre chemin qu'il faudra prendre.
Sabrina est venue faire cette séance huit jours avant son opération. Le cancer est là, il ne se voit pas, mais il est bien là. Invisible, il prend cependant toute la place.
Cette séance s'est faite naturellement avec la participation de sa fille Mia, qui comme pour bouder la maladie, lui tire la langue impunément ! Geste si spontané et détaché que l'on aimerait bien faire la même chose !
Nos enfants sont notre force, en un regard ils nous insufflent l'énergie pour avancer et nous battre. Toutes les femmes que j'ai reçues sont unanimes sur ce point !
Charlotte LEREBOURS [50]

Charlotte LEREBOURS [50]

Si déterminée, si courageuse, si combattante. Il y a des femmes comme ça, on ne sait pas pourquoi, on se rencontre et la magie opère. Avec Juliette, il nous a fallu dix ans pour nous retrouver.
Je suis devenue maman et photographe. Sublimer, révéler, honorer, libérer, raconter les femmes, tel est mon leitmotiv. De son côté, Juliette se bat depuis cinq ans contre un cancer du sein triple négatif. Pour elle, pour nous, c’était une évidence. On devait se réunir.
À travers ce concours, elle espère pouvoir clore un chapitre et panser sa blessure. Cette photo devait raconter la cicatrice qu’elle a sur le cœur et non celle sur son corps.
Elle pensait « être née pour être mère », cette phrase résonnait tant en elle. La maladie et les lourds traitements impliquent des sacrifices, mais celui-là est le plus difficile…
« Cette photo elle est pour toi, toi l’enfant que je n’aurai jamais. Si tu avais été une fille, Victoire était le prénom que nous t’aurions donné ; il aurait eu du sens. »
Fred BERNARD [74]

Fred BERNARD [74]

Cette collaboration avec Kelly est née du désir de garder le témoignage de ce que son corps avait subi après deux reconstructions mammaires, avant que les cicatrices ne disparaissent comme pour effacer ces duretés de la vie.
Nous nous connaissons depuis plusieurs années et c'est naturellement que nous avons eu l'idée de faire une série de photos. Avoir une approche artistique était pour nous deux une manière de traiter à la fois l'art de la chirurgie, de la photographie et bien sûr sa participation en tant que modèle. Cette transition entre le monde d'avant et celui de ce nouveau corps est un peu comme un flottement, une renaissance, un « entre deux temps », entre deux planètes.
L'art de la pose demande une grande force mentale pour dévoiler son corps modifié par les opérations réalisées par des artistes chirurgiens. L'art photographique est quant à lui un regroupement de cet ensemble tout en gardant l'âme et le respect de la modèle. La force de l'art au service de la reconstruction mentale.
Kimbra AUDREY [75]

Kimbra AUDREY [75]

À 30 ans, on m'a diagnostiqué un cancer du sein et j'ai subi une mastectomie.
Cet autoportrait a été pris le 22 octobre, peu de temps après ma mastectomie.
J'ai travaillé comme mannequin pendant plus de la moitié de ma vie et je fais de la photographie de nus sous formats d'autoportraits depuis plus d'une décennie. Les seins sont une partie importante de toute femme ; les miens font partie également de ma carrière professionnelle. Mon travail est exclusivement sur argentique et je ne retouche aucune de mes images.
Même s'il était difficile de faire des autoportraits après ma mastectomie, je pensais qu'il était très important de documenter le processus de guérison, car c'est quelque chose qui est souvent invisible. De nombreuses parties de la récupération sont cachées, comme les cicatrices et les drains. Je voulais que mes photos reflètent en toute sincérité ce que signifie d'être une jeune femme atteinte d'un cancer du sein.
Frédérique  BARRAJA [75]

Frédérique BARRAJA [75]

Julie a 30 ans : cancer du sein droit. Julie a 40 ans : cancer du sein gauche.
Ce rire si présent, si plein de vie fait oublier ce qu’elle endure : chimios, mastectomie bilatérale, radiothérapie.
Reconstruction de la poitrine, un sein qui ne cicatrise pas.
« Un sein c’est mieux que rien ? »
« Non, ras le bol des médecins, des hôpitaux, et je préfère les choses symétriques ! »
Six mois après l’ablation des deux seins, nous sommes en voiture en Bretagne. Nous traversons cette forêt. Je freine. Elle ne voulait pas encore montrer son torse plat. J’insiste, elle me fait confiance, enlève son t-shirt. Ce cliché prend deux minutes.
À ce moment-là mon regard de photographe est accroché par son sourire lumineux, qui rend invisibles ses douloureuses cicatrices. Je photographie son courage, son âme, son émotion.
Je ne crois pas avoir vraiment regardé son torse plat. D’ailleurs je ne le vois toujours pas, pourtant rien n'est caché. Sa joie de vivre a effacé les traces de son combat.
Alain KOENIG [33]

Alain KOENIG [33]

Quoi de plus intime que la chambre à coucher !
Ce lieu s’est imposé comme studio pour notre shooting et y dévoiler ce qui normalement reste invisible : ce clone siliconé cachant une cicatrice, trace d'un lourd passé.
Il n'est pas facile pour Sylvie de se dévoiler.
Elle tire sur son peignoir, se cache, masque son corps et soudain, entre deux poses, redevient elle-même, s'agite, s’amuse, rit et oublie l'appareil photo.
Ce cliché exprime qui elle est, celle que je connais et qui partage ma vie depuis maintenant sept ans : rire de tout même du pire et continuer de croquer la vie à pleines dents.
Cette photo s'est imposée naturellement au milieu des autres.
Alain MERDY [19]

Alain MERDY [19]

Ma fille. Anne-Aël.
Elle est guérie ?! Des cheveux longs, des cils ? Comme « Madame tout le monde »...
Après deux longues années de traitements lourds, les résultats d’analyses sont bons, et pourtant… Tous les soirs, une petite pilule sort de la boîte. Depuis deux ans et demi. Et elle le fera encore pendant deux ans et demi. Elle a mal, elle est fatiguée. Mais soir après soir, elle continue. Toutes les personnes qu’elle aime l’entourent, la soutiennent.
Elle est pourtant seule, comme maintenant sur son canapé depuis plusieurs années, seule face à la maladie.
À cet instant précis où la pilule agit sur son physique, sur son mental, aucune des personnes qu’elle aime ne peut vivre ce qui se passe dans sa tête, dans son corps.
Encore deux ans et demi d’efforts et elle sera vraiment guérie. Pour le moment, on parle de rémission, avec pudeur et conviction. C’est l’hormonothérapie.
Marie-Lise MODAT [66]

Marie-Lise MODAT [66]

« Si c’est pas ma faute, ni celle de Maman, alors c’est ta faute Papa !
Tu resteras toute ma vie avec moi, hein Maman ?
Regarde il est tout doux le petit hérisson de ma maman.
Papa et Maman, ils sont où vos cheveux à vous ?
J’en ai marre de cette cicatrice, je la déteste, quand est-ce qu'elle disparaît ?
Moi j'aime pas les tuyaux, et je déteste Dimitri le chirurgien.
Il est gentil l’anapath.
Tu vas devenir un squelette si tu meurs Maman Pauline ?
Tu amèneras toutes tes affaires si tu vas au ciel ?
Et pourquoi tu dis toujours que tu danses sous la pluie ?
Maman, je ne veux plus jamais couper mes cheveux, j’ai peur d’attraper le gros bobo.
Mesdames et Messieurs, ma Maman elle a des tétés gonflables maintenant.
Mamou le cœur, je vois plus la petite boite, tu crois que je vais avoir une petite sœur? »

— « À toi mon petit ange que j’aime tant, ma Nina d’amour, un immense merci d’avoir été le moteur de ma guérison. On fêtait tes deux ans, et tout juste mes 35 ans, le jour où cette bombe atomique est tombée sur notre famille. Malgré nos angoisses respectives, avec Papa on a formé un trio de choc contre le gros bobo.
Un immense merci à vous deux, ma famille. » — Pauline
Solange HACCART [34]

Solange HACCART [34]

IL est un des rares hommes frappés par l’indicible.
IL embrasse la cause de la femme et de l’homme, fait corps dans un même combat.
Discrétion et pudeur envolées, IL se livre à mon regard avec courage et force, donne à voir ce qui est caché.
Corps et âme meurtris, stigmates d’une douleur intérieure, traces d'un espoir retrouvé.
IL est un frère, un messager venu témoigner de tous les possibles.
IL se dévoile comme une étoile qui illumine de son faisceau les IИ.VISIBLES pour les rendre uniques aux yeux du monde.
IL s’appelle François.
Gaëlle CARÉ [36]

Gaëlle CARÉ [36]

« Rendre les maux visibles ou me rendre invisible ?
Telle a été l'une de mes premières pensées à l'annonce de cette maladie terrible.
Et puis, vouloir garder ça pour moi, pourquoi ?
Je voulais que ce crabe, pourtant caché dans mon sein droit, ne connaisse jamais mes proches, que cette épreuve puisse encourager toutes les femmes à prendre soin d'elles, pour qu'aucune d'entre elles ne s'envole à tire-d'aile.
Afin d'atténuer cette histoire, l'envie de rester invisible aurait été tentante, mais c'était sans compter toutes ces petites mains de l'ombre !
Mon conjoint, ma famille, mes amis et toutes ces personnes incroyables rencontrées pendant cette période sombre.
Jour après jour, elles ont été mon point de repère, ma bouée pour ne pas sombrer dans l'univers.
À vous qui m'avez donné l'envie de rendre visible l'invisible, qui avez rendu mon histoire audible... Je vous dis merci ! » – Eva

Rendre hommage au rôle puissant du soutien dans l'ombre des proches me semblait essentiel.
Alexia NARVOR [49]

Alexia NARVOR [49]

« Couvrez ce sein, que je ne saurais voir.
Par de pareils objets les âmes sont blessées. » me dit-elle, Candice, l’amoureuse des mots et des lettres.
La réplique de Molière prend pour elle un autre sens. Elle me le décrit devant l’objectif, à sa façon, par la poésie du corps. Autrice, maman, artiste, elle danse avec la vie.
L’épreuve du cancer n’a pas entamé son ardeur à suivre ses envies. Je veux capter son épanouissement, celui d’une fleur, donner à voir sa douceur, sa candeur. Capter sa vitalité, son énergie solaire, sa chlorophylle inspiratrice, nourricière d’espoir. Le port altier, le buste tendu, Candice pose et je compose… Je compose ma photographie, telle une peinture, un tableau à contempler, à faire parler, dans lequel puiser, réfléchir, interpréter, trouver de la sérénité. J’invite le regard de l’autre, à découvrir, un sentiment, une émotion, une histoire. « Montrez ce sein, qui donne exemple à voir.
Par de pareilles beautés, les âmes seront touchées. »
Philippe PAUL [13]

Philippe PAUL [13]

Cette photo symbolise l’invisible devenant visible lorsqu’il est mis à nu. À travers elle, je veux rappeler qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Cette femme enceinte atteinte d’une récidive de cancer du sein est passée inaperçue : malgré la chimio durant toute sa grossesse, ses cheveux ne sont pas tombés intégralement.
Cécile, 36 ans, a eu une merveilleuse nouvelle le lendemain de l’annonce de sa récidive. Elle a appris qu’elle était enceinte. Son histoire est complexe… Premier cancer à 32 ans, détecté juste après l’annonce de sa mutation génétique, et la chance d’avoir un enfant naturellement quasi nulle suite aux traitements… et pourtant… Nous avons tous une histoire, notre histoire. À travers cette photo, je veux rappeler qu’il faut ouvrir notre cœur et nos esprits. Ne pas juger les apparences et voir l’invisible à travers le visible. Antoine de Saint-Exupéry l’a si joliment dit : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux ».
Sylvie GHISLAIN-LEANDRI [20]

Sylvie GHISLAIN-LEANDRI [20]

J'ai rencontré Laurence lors de manifestations associatives. Ayant été opérée pour une tumeur cancéreuse au sein, j'ai été d'autant plus sensibilisée pour cette cause pour laquelle je milite. L'idée de photographier Laurence a germé dans mon imaginaire. Je souhaitais mettre en avant son côté solaire et rayonnant. Qu'est ce qui nous avait le plus marqué toutes les deux dans ce côté invisible de la maladie ?
Laurence a accepté immédiatement l'idée du concours Estée Lauder. Elle est venue au studio accompagnée de sa mère, son père, sa fille et des amis. J'ai ressenti tout de suite l'envie qui la motivait. J'ai entendu la prière chuchotée aux oreilles des siens. Le message est alors devenu évident : « Tout va bien, ne vous inquiétez pas. Acceptez cette maladie comme je l'ai moi-même acceptée, car elle fait désormais partie de moi. Elle m'a offert un cadeau insoupçonné : celui d'aimer encore plus fort la vie ! »
Au fil des photos, j'ai vu les visages se détendre et déposer les larmes.
Philippe POTTIEZ [84]

Philippe POTTIEZ [84]

J'ai été contacté par Sabrina – que je ne connaissais pas – le 31 janvier 2021.
40 ans, atteinte d'un cancer du sein, elle souhaitait qu'on la prenne en photo, afin de compléter sa thérapie.
Nous avons fait cette prise de vue qui a duré deux heures dans un appartement vide et froid.
J'étais comme « protégé » par mon boitier qui servait de rempart à l'émotion intense qui régnait. J'ai choisi cette photo qui m'a le plus marquée : elle venait de retirer son foulard et découvrait sa tête.
Je me souviens de ces moments forts, de ses larmes, de sa peur. J'ai sélectionné une quarantaine de photos, toutes plus fortes que les autres. À la fin de la prise de vue, nous avons parlé, je lui ai dit tout le bien que je pensais d'elle, de sa force et son courage.
Revenu dans mon véhicule, j'ai pu libérer mon émotion, seul... Je photographie les « gens » depuis plus de cinquante ans et cette expérience restera gravée en moi à jamais.
Nous nous sommes revus il y a deux mois, elle a retrouvé son sourire et ses cheveux.
Sylvie SARRAUTE [64]

Sylvie SARRAUTE [64]

Le verdict est tombé : le choc. Tout est devenu trouble, subitement inquiétant, anormalement absurde. L'inconnu a frappé, la douleur se répand, tu penses que tu vas tout perdre. Le poison se diffuse.
Mais tu as tant d'énergie. Cette folle rage c'est ta force vitale. Alors riposte, fais face et utilise cette source invisible qui te colle à la peau. Lâche cette colère, montre ta rage, crache cette fureur. Tu vas y arriver, oui tu vas t'en sortir, c'est toi qui vas l'emporter. Cette révolte c'est déjà ta victoire et on est tous avec toi pour que cette force de vie ne te lâche jamais.
FUERZA !
Bénédicte COSTESEC [11]

Bénédicte COSTESEC [11]

Touchée par un cancer du sein en 2008, j’ai réalisé un projet photographique autour de la fragilité de la chevelure, symbole féminin, de vigueur et de beauté.
Cette image est une variation de ce projet. La présence du négatoscope souligne le statut de patiente, réduite alors à un état d’objet qui doit se soumettre à un protocole médical technique.
Je propose ici une vision poétique de la résilience : rémission, atténuation des effets secondaires, avec notamment la repousse des cheveux, la réappropriation de son corps, apprendre à l’aimer à nouveau et à le sentir pleinement.
Le contact avec la nature renforce la sensation d’être pleinement vivante, d’être capable de vibrer, de ressentir. Le négatoscope est enfin tenu à distance, avec l’image de la chevelure d’avant la maladie. On n’efface pas la maladie. Si elle fait partie de soi, elle est désormais à l'écart. Ce pas de côté permet de prendre de la distance, nécessaire à la résilience et de s'inscrire résolument dans la vie.
Laurent LAFON [34]

Laurent LAFON [34]

C'est l'histoire de Fannie, cette jeune femme pleine de joie, enceinte en plein Covid, et qui apprend qu'elle est atteinte d’un cancer. Elle aurait pu baisser les bras, se résigner, s'apitoyer sur son sort, mais c'était mal la connaître. De son sourire elle a fait un bouclier pour ne rien montrer, de son bébé une lutte à mener. « Seule on va plus vite, à deux on va plus loin ! » telle est devenue sa devise. Lutter, guérir et sourire, en attendant le nourrisson et la guérison.
Face aux regards souvent pétrifiés de notre société à l'égard de la maladie, elle a voulu se montrer sans artifices. Ce n'est pas sans pudeur et sans peurs qu'elle s'est dévoilée à moi avec sa part de féminité écorchée, rafistolée. Mais je n'ai vu en elle que de la beauté, celle que tant de femmes n'osent plus montrer. Une prothèse à coller, une perruque en forme de « trèfle » à porter, des cicatrices à supporter, et de l'espoir derrière ce regard caché.
Aujourd’hui, Fannie est guérie ; elle continue le combat en aidant les autres.
Ulrike PIEN [24]

Ulrike PIEN [24]

« Le cancer. Le tsunami qui bouleverse la vie en laissant des cicatrices sur le corps et des bleus à l’âme.
Photographie d’un “moment de vie” capturé par Ulrike avec douceur et bienveillance.
La Vie, après.
La lumière après les ténèbres.
Le calme après la tempête.
RE.ИАITRE
EИ.VIE
Le Bonheur passé, présent, futur.
(IИ)VISIBLE » – Nathalie

– Nathalie, sur cette image comme dans la vie, est l'incarnation de la force et la lumière. Il y a cette connexion au corps, à la nature, qui nous embarque sur un chemin de résilience et de paix intérieure. Derrière le dahlia rose et majestueux, il y a une cicatrice. Une cicatrice qui laisse aujourd'hui fleurir d'autres moments de vie, remplis d'amour et de joie. Nathalie nous rappelle qu'il faut garder l'espoir et puiser sa force dans toute la beauté qui nous entoure. Le jour de la séance photo, de mon œil de femme et de photographe, incontestablement, la beauté ce fût elle.
Maïda RESSAYRE [31]

Maïda RESSAYRE [31]

« Mon colocataire.
Face à mon miroir, je me suis adressée à toi J’ai eu envie de te montrer que j’étais là. Moi bavarde, toi si silencieux et ravageur. La nuit seule, j’ai fait face à ta terreur, tu sortais de ton lit et tu m’enveloppais d’un profond brouillard noir. Silencieusement, nous nous sommes affrontés à l’abri des regards. En te portant mon premier coup, le jour de mes 30 ans, j’ai lancé les hostilités. À chaque coup que je t’ai porté, j’ai espéré. J’ai souvent revêtu mes plus belles couleurs pour te faire peur et pour ne pas te laisser le privilège de décider. J’ai tenté de te déstabiliser en hissant mon plus beau sourire pour repousser ton mal invisible. Face à moi même, je constate ce que tu as laissé sur ton passage. Des pièces entières ont été détruites, là où se sont jouées les plus grandes batailles. J’apprivoise ce nouveau moi, je l’honore en accueillant intensément et chaleureusement, chaque couleur, chaque sourire et chaque fleur venus recolorer mon intérieur. » — Camille
Sophie BOURGEIX [13]

Sophie BOURGEIX [13]

« Difficile de résister à la pression sociale, à l’injonction de l’esthétiquement tolérable ! Ce n’est pas parce que c’est « possible », que j’ai envie ou besoin de le faire.

Sophie m’a capturée de son focus magique, dans le mouvement de la vie. Écoute ce que je te dis :

Regarde ma lIberté de choix
Mon choix coNscient
Mes yeux sont ouVerts sur le présent
Bien planté dans les tIens
Je te voiS
Mon esprIt croît et croit en l’avenir
Toute mon âme Brille pour l’illuminer
Mon étoiLe la percevra
Le rêve d’Amour sEra. » – Pascale

– Pascale fait partie des 15000 femmes par an qui refusent la reconstruction, par choix ! Ensemble, nous décidons de rendre hommage à ces femmes, et de les rendre visibles dans un monde où elles ne le sont pas ! Un portrait en noir et blanc et en mouvement, pour être universel, un torse nu pour montrer ce cœur qui bat derrière la cicatrice, une photo pour montrer la beauté de ces femmes.
Gregory LELOUP [41]

Gregory LELOUP [41]

« Dans la rue, habillée et souriante, je suis une jeune femme lambda de 39 ans, enceinte de son deuxième enfant, marchant tranquillement avec son bout de chou de 16 mois.
Mise à nue, je suis une jeune femme emplie de cicatrices et de tatouages, reconstruite physiquement et psychologiquement après un cancer du sein hormonal à 33 ans… Une heureuse et paisible maman grâce à une bonne fée, une donneuse d’ovocytes.
Parce que la maladie ne met pas à mal qu’une année de notre vie, le temps des traitements… Non ! La maladie bouleverse complètement une vie, des projets de vie !
Je suis une Warrior comme me le rappellent mes proches… une Invisible Warrior comme mes Ksisters et Kbrothers ! Alors merci beaucoup de faire de nous des êtres visibles aujourd’hui ! Parce que la maladie ne touche pas que les autres. » — Pascaline

— Quelques mots de Pascaline, mon épouse. Une photo — prise par mes soins ce matin — d'elle et de nos deux fils. Parce qu’ils sont tout sauf invisibles pour moi ! – Gregory
Patricia BASSEN [44]

Patricia BASSEN [44]

J’ai eu la joie de photographier Nadine il y a un an, pour un « Instant Femme » offert par ses deux filles, après son second cancer du sein.
J’ai trouvé ce geste très touchant ; offrir à sa mère un espace pour se célébrer, malgré les dures épreuves qui ont martelé son corps.
Pour ce concours, j’ai eu envie de la photographier de nouveau, accompagnée cette fois de ses deux filles.
Par la technique photo de « pose lente », j’ai souhaité illustrer ces forces invisibles qui unissent le malade avec ses proches durant la maladie.
Mais surtout, au delà de la représentation d’un corps meurtri, j’ai voulu montrer un regard, une âme. Par cette pose très frontale et le regard dirigé vers l’objectif, j’invite le spectateur à rencontrer mon modèle. Qui est Nadine ? Pourquoi nous sourit t-elle ?
J’ose espérer que l’invisible prend le pas sur le visible car nous ne sommes pas que forme et matière, et personne ne devrait être réduit à ses particularités physiques.
Justine BARBE [62]

Justine BARBE [62]

« Tu es Maman,
Tu es Mam'ange.
Maman pour moi ici-bas,
Mam'ange pour notre Lucas.
Il a rejoint Papa dans les nuées,
Dans ce tumulte son cœur s'était arrêté.
Ce fut si soudain,
Nous devenions veuve et orphelin.
Et alors que la mort m'arrachait mon frère,
Tu te battais toi aussi contre ce foutu cancer.
Tu l'as rendu IИ. VISIBLE,
Là n'était pas ta cible.
Ton combat était ailleurs,
Pour Lucas tu as veillé et prié des heures.
Ce cancer t'a mutilée
Mais tu t'es relevée.
Pour moi tu as continué de vivre,
En vrai, tu ne faisais que survivre.
Tu es forte Maman,
Une vraie guerrière, Maman !
Mais à nouveau ton ennemi
T’envoie sur le tapis,
Il veut ta peau,
Là, c'en est trop !
Vas-y Maman ! Crie, pleure !
Allège-toi de ta douleur !
Je suis avec toi, ton combat
Est aussi mon combat !
N'oublie pas, tu es forte Maman,
Une vraie guerrière, Maman ! »
– Enzo, fils de Caroline.

— Caroline a souhaité se mettre à nu pour rendre visibles les stigmates de sa souffrance invisible, se faisant porte-parole de l'espoir.
Marie VANDENBEUCK [28]

Marie VANDENBEUCK [28]

Sarah, c’est avant tout un regard. Franc, doux, rieur. Un océan. Elle a en elle cette force indescriptible, une posture, une dignité.
Sarah est belle de tout ce qu’elle transpire de vie. Et pourtant ! Lors de notre première rencontre, j’ignorais son combat contre l'invisible intrus. Tant d’années passées, à perdre des bouts d’elle, de corps et de cœur ; à espérer, trébucher, rechuter, se battre encore, avec rage.
Et dans ce temps tout relatif, qui défile à des rythmes différents selon nos histoires personnelles, Sarah s’est arrêtée. Alors que tous courent, tourbillonnent, ne la voient pas, avancent toujours plus à en perdre haleine, aveuglés par leurs propres chimères, elle devient invisible.
Photographe de l’âme, j’observe l’indicible, la profondeur de l’Être, le remous de l’émotion sous la surface. Sarah m’a choisie pour la mettre en lumière. Un honneur. Des amis ont répondu à notre appel pour réaliser cette image d’elle, dans le flux et le reflux de la foule ignorante.
Valérie LEGRAND [45]

Valérie LEGRAND [45]

Valérie a vu ce que personne n'avait jamais vu en Karine. Parce qu'elle le cachait, en souriant, toujours.
Elle l'a invitée à se dévêtir, avec douceur, et toute sa confiance. Karine lui dévoile son premier secret. Ce tatouage qu'on ne peut pas deviner d'elle habillée. Ce tatouage, elle l'a fait graver d'une encre éternelle, en hommage aux victimes des attentats du bataclan.
Premier électrochoc.
Puis l'on devine ce creux que l'on discerne à peine, celui d'une tumorectomie. Ce cancer invisible qui lui a fait ressentir un sentiment d'imposture.
Elle n'a pas perdu ses cheveux ni ses cils, elle a gardé son sein. Pourtant le cancer était bien présent.
Deuxième électrochoc.
Derrière ce sourire qu'elle affiche chaque jour, il y a pourtant ce regard qui cache les secrets que Valérie a su capter. Celui de la peur au quotidien, pendant de trop longues années. Des cris. Des mauvais mots. Des mauvais gestes.
Grâce aux électrochocs elle a quitté la peur. Elle est enfin entière, visible, Elle.
Yannick CANO [34]

Yannick CANO [34]

C'est en 2009 que Brigitte, apnéiste professionnelle, a été opérée suite à la découverte d'une tumeur du sein. Suivi d'un test positif au BRCA1, engendrant une seconde mastectomie et l'ablation des ovaires en préventif. Brigitte continue la compétition mais arrête en 2011 ayant l'impression de ne pas plonger pour les bonnes raisons.
Huit ans plus tard, à 53 ans, Brigitte décide de reprendre la compétition pour être sacrée vice-championne du Monde élite en 2022. Ce n'est que très récemment que Brigitte accepte de parler de ses mastectomies ; elle n’a jamais voulu être vue comme une « victime ». C'est un autre défi pour elle d'accepter de mettre en lumière ses opérations en espérant être source d'espoir. Le portrait d'une femme forte et libre malgré les cicatrices.
Laurent BOAS [29]

Laurent BOAS [29]

« L'avenir est un présent que nous fait le passé. »
Voir la vie différemment, prendre conscience qu'elle est fragile, éphémère. Qu'il faut vivre à fond ses projets, ses rêves, ne plus en perdre une miette. Vivre chaque jour comme si c'était le dernier.
Voilà ma philosophie et celle de Tifanny, âgée de 31 ans ! Il y a des personnes avec des passions, je parlerais plutôt de vocation : celle de passer sur cette terre et d’apporter quelque chose à l'autre, de passer et de se dire que si demain je devais partir, je ne serais pas passé pour rien et j'aurais partagé du bonheur, de l'amour.
33 FRANCIS MALAPRIS [69]

33 FRANCIS MALAPRIS [69]

Cette photographie s’inscrit dans une série documentaire retraçant le parcours de Blanche, depuis les premières étapes de sa bataille contre le cancer, jusqu’à sa récente décision de ne pas poursuivre avec une reconstruction mammaire.
L’image soulève un questionnement sur la dualité entre la visibilité et l'invisibilité qui accompagne son parcours : les cicatrices évidentes, juxtaposées aux marques plus subtiles qui se mêlent aux ombres des branches ; l’invisibilité de ses seins qui ne sont plus, mais dont la l'empreinte demeure. Le cancer s'éloigne, mais laisse derrière lui deux yeux clos, gravés sous forme de cicatrices.
Alors elle renait, mettant au centre un concept « l’IИ.VISIBLE » dans la vie, avec la régénération et l'espoir, activant ses ramifications.
Dans un environnement sylvestre, Blanche pose avec cette feuille d’un vert vif, mettant en avant la sève qui l’anime. Allégée par son choix, elle revit, assume un nouveau profil, qui s’anime enfin à travers la danse et le chant.
Frédérique JOUVIN [35]

Frédérique JOUVIN [35]

« Approchez, je suis comme vous, je peux être vous.
Rien ne paraît : ni cette énorme cicatrice sous ce corsage, ni ces fins cheveux qui repoussent en une coupe tendance et trompeuse.
Assise ici, ce dossier sous la main n’est autre qu’une montagne administrative et médicale que je n’ai plus la force de gérer.
Assise ici, j’ai perdu la patience et la tendresse avec ma famille. Elle, qui fait face avec impuissance à chaque résultat de mon cancer génétique et métastatique.
Elle, qui subit aussi les effets secondaires de mes traitements : mes douleurs articulaires ou musculaires, mes nausées.
Elle, qui supporte autant ma fatigue que mes insomnies.
Assise ici, sous l’œil de Frédérique, je choisis de ne rien laisser paraître malgré la chimio de la veille. Forte et optimiste comme toujours, je fais en sorte de conserver l’insouciance des sorties entre amis, de garder la joie et le rire dans ma famille.
J’espère garder invisible, le plus longtemps possible, ce qui devrait se voir ! »
– Manuella
Dora DUCHÉ [83]

Dora DUCHÉ [83]

« La maladie m'a fait perdre ma force et un bout de moi. »
À l’aube, enveloppée par le calme, ses mots sincères résonnent en moi.
La nature, ce lieu fertile, est l’endroit parfait pour la reconnexion à soi, à ses émotions si souvent étouffées. La photo, marque visuelle de cette aventure fait écho à sa bataille émotionnelle. Chaque rayon lumineux représentant une étincelle d'espoir dans ce désert de sentiments, une traversée souvent solitaire et incomprise. Le toucher du soleil sur sa peau devient métaphorique, éclairant ce qui est resté caché en elle.
Dans cette danse subtile entre lumière et ombre, une transformation discrète se profile. Cette communion avec ses émotions nous renvoie une version nouvelle et plus forte d’elle-même. Nous émergeons de ce voyage transformées, avec une résilience qui brille désormais comme une paix intérieure.
Lors de cette séance, nous avons vécu des moments de vulnérabilité devenus des étapes vers la force.
Tammy CAZAUX [64]

Tammy CAZAUX [64]

Je connais Fleur depuis 2017. Malgré son combat intérieur contre une force noire qui gagne chaque jour un peu plus de terrain, elle réussit à nous illuminer de toute sa splendeur naturelle et féminine. Mise à nue par cette photographie, l’opposition de la lumière et des ombres sombres rendent visible la carnation de cette lutte invisible. La photographe révèle l’essence de force et de détermination qui émane de cette belle Fleur. Telle est la magie de la photographie de rendre visible ce qui ne l’est pas.

« Son crâne mis à nu, Fleur dévoile sa vulnérabilité. Entretenir ce corps qui la démange. De quoi sera fait demain ? Dix ans de combats. Aujourd’hui, elle crie sa voie ! La douceur de ses mains, le choix de ses bijoux ne la démentent pas. La beauté est le pouvoir qui la sublime. Elle parcourt son chemin avec élégance : elle est un oiseau qui, avec son baiser, anime l’espoir des autres. Avec admiration, je révèle l’anatomie de son invisible, son amour pour la vie, notre “Beija-Fleur”. » - G. Ménier
Cathy BOURGOGNE [57]

Cathy BOURGOGNE [57]

Alexandra ma cousine a été atteinte de deux cancers du sein en l'espace de trois ans.
2017 : le diagnostic tombe tel un coup de poignard qui traverse sa poitrine. La colère est dévastatrice, les émotions se mélangent, se transforment avec le combat qui commence. Après plusieurs mois l’espoir renait et avec lui la sagesse de la résilience.
2019 : second cancer. La maturité et le mental forgé au combat amortissent le choc. La lutte continue l'espoir et la confiance sont bel et bien ses meilleurs alliés pour la mener à la rémission.
Cette photographie sous forme de triptyque superposé illustre la colère, l’espoir, la gratitude, la fierté, ces émotions, ces vibrations invisibles qui nourrissent et canalisent la force et la détermination dans le combat contre le cancer.
En tant que femme, je ne pouvais qu'être touchée par l'histoire de ma cousine que j’ai photographiée lors de sa renaissance et à ses trois ans de rémission.
Aujourd'hui le passé s'estompe doucement.
L'avenir s'écrit maintenant.
Vanessa AMIOT [74]

Vanessa AMIOT [74]

« Visibles
Mes cheveux, mes sourcils, ma poitrine asymétrique.

IИ.VISIBLES
Mes cicatrices, sur mon sein, sur mon dos et dans ma chair.

Mais aussi l'introspection, la volonté de vivre et de montrer au monde ce qu'est la maladie.
Ce qu'elle aBîme et ce qu'elle aNime. »
– Magalie

— À travers ce cliché, j'ai répondu à la demande de Magalie, mon modèle.
Suite à une récidive, et quelques jours après une opération lourde, elle a souhaité montrer ce qu'était la maladie. Ses conséquences physiques que nous imaginons mais ne voyons pas.
Sa force et la puissance de son engagement se lisent dans son regard, bouleversant.
On entend souvent que « le cancer du sein se guérit facilement », parfois même qu'il n'est pas « si grave ». Alors que je croise tant de femmes, de jeunes femmes, malades, en récidive…
Si le monde voyait les conséquences réelles de cette maladie, on n’entendrait plus que » le cancer du sein est le moins grave ».
Montrons leur l'invisible !
Néphélie  MULETIER [69]

Néphélie MULETIER [69]

« Mes cheveux ont repoussé.
Mon sein a pu être conservé.
La cicatrice cachée.
Les gens qui me croisent pour la première fois ne savent pas, ne voient pas.
Invisibles ces mois passés à l’hôpital,
Les salles d’attente,
Les patchs pour ne pas sentir l’aiguille,
Les poches qu’on accroche,
Les gouttes qu’on regarde tomber.
16 chimios, 16 bracelets autour de mon bras.
Que peuvent bien vouloir dire ces chiffres à coté de mon nom et du mot « maladie » ? J’ai peur de vérifier.
Invisibles les douleurs, la fatigue, la peur qui ne veut plus vous quitter. Je me réveille sur ce lit d’hôpital, l’opération est-elle passée ?
Invisibles les rayons chaque jour qui vous traversent et finissent par brûler.
Invisible le gouffre en soi qui s’est créé.
Comment le dire ? Je ne parviens plus à crier.
Dans un tiroir, 16 bracelets conservés. »
– Zoï
AVREN [94]

AVREN [94]

L'absence de visage rappelle la perte momentanée d'identité dans la lutte contre un cancer du sein. L'horloge suspendue dans l'immobilité du temps marque le diagnostic, cristallisant l'incertitude et la pause forcée. Les cicatrices dessinées, douces marques de courage, dialoguent avec l'horloge, illustrant la transformation physique et émotionnelle.
La silhouette fragmentée, à côté du miroir, incarne l'évolution. Le corps partiel révèle la vulnérabilité tandis que les parties cachées symbolisent l'intimité préservée.
Mon œuvre est une méditation visuelle sur la résilience. L'absence, le temps figé et les cicatrices deviennent des fragments d'un poème visuel, célébrant la capacité humaine à transcender la douleur. Cette photographie invite chacun à contempler le dialogue intemporel entre vulnérabilité et force, dans une renaissance marquée par l'espoir.





 
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